Le retour de la nuit à Tournfeuille, et de nouvelles économies d’énergie

Ce début d’année 2015 est marqué par la mise en œuvre d’une opération d’extinction totale de l’éclairage public la nuit, une opération impulsée, défendue, par les élus écologistes et qui a été unanimement soutenue par la municipalité.

A partir de la mi-janvier, l’éclairage public sera donc éteint à Tournefeuille entre une heure et 5 h 30 du matin dans les lotissements, les grands axes routiers restant éclairés.

Avec une réduction attendue de 20 % par an de la consommation d’électricité de l’éclairage public, cette mesure conforte le programme de remplacement des vieux luminaires énergivores par des d’équipements beaucoup plus économes…

Car l’éclairage public pèse lourd dans le budget des communes (50 % des dépenses d’électricité). Et il a évolué dans des proportions inflationnistes qui font frémir les défenseurs de la sobriété énergétique : en deux décennies, le nombre de points lumineux a augmenté en France de plus de 60 % alors que la population n’a augmenté que de 11 % sur la même période. Que de gaspillage!

Cette mesure répond aussi aux demandes anciennes de naturalistes, médecins qui rappellent que tous les êtres vivants ont besoin des alternances jour/nuit, voire de nuit noire.  Les animaux nocturnes qui chassent la nuit sont même totalement dépendants de la nuit pour se nourrir.

L’opération a nécessité la mise en place d’horloges programmables qui vont commander l’extinction automatique des luminaires, avec des coûts de retour sur investissement de l’ordre de quelques mois à peine.

La question de l’impact sur la sécurité a bien évidemment été anticipée. Les enquêtes menées au plan national par les services de police et de gendarmerie le constatent : les pics de cambriolages se situent très majoritairement entre 10 heures et 16 heures, quand les habitants sont hors de chez eux, et non la nuit. A la question, ne risque-t-il pas d’y avoir plus d’accidents de la route ? La réponse de l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne (ANPCEN) est la suivante : Les études réalisées montrent qu’il n’est pas possible d’ « établir un lien de cause à effet objectif, entre la présence d’un éclairage extérieur et la baisse du nombre de cambriolages ou d’accidents de la route. Plusieurs  exemples et expérimentations conduites récemment avec la gendarmerie et la police, démontrent même que les délits et les incivilités nocturnes ne progressent pas en situation d’extinction. L’absence de lumière ferait au contraire, ralentir les automobilistes ».

En tout état de cause, un bilan sera réalisé annuellement pour apprécier sur la base de données réelles, l’impact de cette opération. Dans le contexte de « crise » que nous vivons, elle devrait faire des émules en particulier dans les communes périurbaines, où l’éclairage public est, du fait de l’étalement urbain, une charge très importante tout autant qu’un gâchis énergétique.

Image / NASA Earth Observatory/Robert Simmon/Chris Elvidge/NOAA

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